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Au temps des « Tricheurs » avec Pierre Rapsat à Spa

Au temps des « Tricheurs » avec Pierre Rapsat à Spa
Au temps des « Tricheurs » avec Pierre Rapsat à Spa






Après Victor Hugo, c'est Pierre Rapsat qui voit son souvenir s'apposer sur un mur du café « La Chambotte » en plein coeur de Spa.



Illustre établissement que celui-là. Le poète Victor Hugo séjourne en effet à l'enseigne du « Lion Noir » à deux reprises en 1864 et 1865, en compagnie de sa jeune maîtresse Juliette Drouet. Puis l'établissement change de nom et de vocation. En 1964, voici donc tout juste 45 ans, c'est au même endroit, mais à l'enseigne de l'hôtel « Le Royal » cette fois, qu'une poignée de musiciens régionaux entreprend, malaisément du reste, de se faire connaître du plus grand nombre.

L'orchestre prend pour nom « Les Tricheurs », ce qui n'est pas de bon augure à un jet de pierre du Casino.

Ce groupe de débutants se compose de Pierre Detry, Francis Geron, Ghislain Desonnay et du chanteur Tony Niesten, qui recrutent au pied levé un cinquième larron suite à la défection de l'un des guitaristes.

Et cette reçue n'est autre que la future figure indélébile des célèbres Francofolies de Spa.

« Nous nous sommes rendus à la kermesse de Pâques, à Verviers, où Pierre s'amusait sur les autos-scooters. Il a accepté de prendre la place de deuxième guitariste et nous avons ensuite répété inlassablement durant quinze jours » confiait samedi matin Pierre Detry, présent avec ses anciens potes à l'inauguration de la plaquette commémorative sur le mur de « La Chambotte », à laquelle assistait aussi Marie-Ange, la veuve de Pierre Rapsat. C'était pour les anciens copains l'occasion d'évoquer des souvenirs disparates, mettant le doigt sur la difficulté pour des débutants de réussir dans l'univers de la scène musicale. « On jouait dix morceaux, après quoi on arrêtait. Mais il faut reconnaître que nous jouions alors très mal. De fait, au fil des concerts sur la scène du Royal, le public se faisait de plus en plus discret. Pour Pierrot, qui faisait ses débuts sur scène et qui se défonçait sans demi-mesure, l'heure de gloire était encore bien loin » avoue Pierre Detry, se laissant aller à sa verve humoristique pour rappeler l'épilogue burlesque du mémorable concert du 2 mai 1964.

« Après dix morceaux, la direction nous a prié d'arrêter et nous a payé l'équivalent de 10 ¤ en guise de cachet pour l'ensemble du groupe ». C'est donc sur les mots de « bon débarras » que se termina cette aventure. Une aventure contée samedi dans le cadre d'une promenade artistique s'appuyant sur une plaquette écrite par Guy Delhasse.

Un document qui fixe pour toujours le souvenir d'une péripétie qui ne fera pas oublier tout le talent dont Pierrot fit preuve par la suite, au cours d'une carrière remarquable et hélas bien trop vite sabordée par le sort.


Yves HURARD
Le Jour Verviers


Publié le 6 juillet 2009


source actu24.be



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